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Nous étions donc confortablement installés dans un appartement digne avec un confort que nous ne pouvions espérer quelques heures auparavant. Çorba
chaude, rakı (le pastis local) et surtout Ali et Marie-Christine pour nous accueillir. Autant dire que ces derniers jours de pluie, nous les avons tout de suite oubliés. Au sec, le vrai. Et
profiter de tout ce confort, c’est donc en premier ne rien faire pendant une journée et croyez moi, ça fait du bien. On a donc profité de nos hôtes
pour découvrir les coins cachés de cette grande ville. De la boutique d’Ali qui vend des tapis, au consulat français, en passant en direct sur France Inter (réécoutable sur le blog). İstambul,
c’est magnifique : tout d’abord, c’est entre 2 continents, donc c’est euro-asiatique. Le mélange de ces 2 cultures vous donne un bazaar qui côtoie une grande rue commerciale... On en a profité
pour remettre à neuf la roue de Tchandra. Va expliquer en turc, que tu veux qu’on te re-rayonne une roue ! Et même si cette ville est immense, nous avons retrouvé Oriane et Mehmet, son parrain.
Que de joie que de trouver un sac de saveur françaises ! Et puis Mehmet, c’est aussi un personnage, dès qu’il nous a vu il a essayé de nous vendre sa balise GPS. Désolé pour nos mamans, même à
2999km de la maison, nous n’avons pas changé d’avis. En revanche, notre réchaud qui avait commencé sa crise avant notre arrêt à İstambul a pété un plomb en déversant la réserve d’essence dans le
tas de sacoches entreposé sur le balcon de Marie-Christine et Ali. La crise est vite passée et nous nous sommes remis au riz-sardines avec un grand plus les premiers jours car nous avions du
Comté. Bon, malgré tout nous avons lâché l’ancre vendredi matin dans le port de Yenikapı. Les vélos ont un peu pris peur en se voyant abandonnés 4 jours et en plus en nous voyant prendre le
bateau. Mais comme on a passé les 3000 km de bon matin, ils ont repris du poil de la bête.
On grimpe tout doucement dans les premières hauteurs turques. Il faut dire qu’on a commencé
par un col de 340 m en partant de zéro. Comme la pluie était revenue, nous avons demandé l’hospitalité dans une coopérative de pommes. Une super soirée avec pommes à volonté et repas offert où
nous finirons par dormir dans la salle de prière. Les cols se succèdent et ne se ressemblent pas : 800m, 1180m, 1270m. Nous redescendons finalement sur Nallıhan pour trouver une petite ville en
plein Bayram, la fête de fin de Ramadan. On vient même nous extraire du café internet pour nous inviter à manger ! Et même quand on va faire les courses, on nous offre des bonbons et on nous lave
les mains à l’eau de Cologne. C’est en quelque sorte le “Noël musulman”. L’hospitalité est quelque chose difficile à exprimer et il nous arrive parfois d’insister avant que les gens ne nous
offrent une place où dormir. Mardi soir, c’est dans une sorte de club de jeunes que nous débarquons. Nous continuons notre route dans ce paysage désertique où des meutes de chiens se font
bronzer.
En fin de journée, nous nous arrêtons dans ces collines flanquées de champs moissonnés. Le lendemain, nous retournons même sur nos pas pour des courses et faisons connaissance avec Alex un Turc vivant depuis 33 ans en France. Il est de retour depuis un mois. En buvant le çay (tchaï) avec lui sous cette tente berbère nous ne nous imaginons pas encore le temps que nous allons passer dans cette ville. Il nous invite à manger puis nous promet de nous trouver un endroit où dormir. Nous passons le reste de la journée à boire du çay et à discuter avec les gens qui passent. Le soir, nous nous installons sur les bancs sous cette tente. Mais voilà que dans la nuit, Alex revient bourré, s’embrouille avec d’autres gens bourrés. Bref cette nuit-là même Julien ne dort pas bien. Il faut dire qu’avec la fin de semaine qui arrive et le Bayram, nous ne voulons pas être à Ankara trop tôt. Et puis à Ankara, nous ne savons toujours pas où nous pourrons dormir. Nous finirons par nous payer une nuit d’hôtel avant de découvrir grâce à hospitalityclub Ali et Erdal. Ces 2 étudiants en mécanique nous font confiance en nous consacrant leur salon. Et puis il faut dire qu’ils sont prêts à nous faire découvrir la vie turque. De ses tabous à ses traditions. Ils nous aident même à trouver nos futurs hôtes. Nous continuons quand même un peu les démarches en visitant l’ambassade du Pakistan qui maintient qu’ils ne délivrent pas de visa par la route et encore moins pour des Français non-résidant en Turquie. Why ? There is no why, no visa by road. Bon, on file donc voir à l’ambassade française qui ne nous est pas d’une grande aide. Et quand nous arrivons à l’indienne, ils nous apprennent que les visas que nous pouvons faire en 4 jours prennent effet immediatement. Ce que nous allons faire ? Réfléchir à ce que nous voulons, ce que nous pouvons faire, et tenter de repartir d’Ankara pour arriver en Inde...
Ce qu'on nous en dit