Ça y est, après quarante jours passés dans une attente interminable ici à Ankara, nous avons enfin une jolie étiquette verte à la page Auvergne de nos passeports ! Retour sur ces dernières
journées, qui nous ont vu tous les trois sombrer dans l'inertie jusqu'à la réception de la bonne nouvelle.
Les derniers jours chez les filles étaient peut-être de trop : à cause de notre situation assez désagréable (ne jamais savoir quand ces sacrés visas arriveront), nous étions chacun à bout et des
petites tensions ont commencé à surgir, un peu dans toutes les directions. Aucune animosité envers personne, mais l'épuisement moral créait des petits malaises et une ambiance bizarre.
Rien de bien grave, mais notre déménagement chez Frédéric nous a quand même procuré un bol d'air bienvenu. Frédéric, c'est un prof de maths expatrié qu'on avait rencontré lors d'un rassemblement
cycliste deux semaines plus tôt. ; il a proposé de nous héberger en attendant la suite des événements. C'était très agréable de retrouver la langue française, les magazines français, l'humour
français et les chaînes de télé françaises. Mais les visas n'arrivant toujours pas, notre attente s'est transformée en véritable léthargie : nous avons passé la majorité de ces dix jours chez lui
devant la petite lucarne ou à faire des sudokus. Nos rares sorties se limitaient aux courses, au cybercafé, un petit tour de vélo par-ci, un peu de course-à-pied par-là... Bon point, les
discussions dans notre langue maternelle nous ont permis d'aborder de nombreux sujets, petits et grands, plus facilement qu'en anglais ou en turc.
Samedi dernier, le 8 novembre, nous recevions enfin des bonnes nouvelles du visa Iranien : le code devrait arriver dès lundi. Nous fêtâmes donc l'événement autour de spécialités de la Mer Noire
en ce centième jour de notre voyage. Pas de code le lundi, mais le mardi : nous filons donc dès que possible à l'ambassade d'Iran, où nous rencontrons Quentin, un Lillois en route pour
l'Inde (train et avion). Il nous faut encore payer, remplir des paperasses et donner une photo d'identité, mais voilà, en ce jour béni du 13 novembre 2008, une cinquantaine de jours après les
premières démarches, nous obtenons enfin l'unique objet de notre long séjour à Ankara.
Pour fêter ça, nous retournons chez les filles qui nous ont tant manqué, Gülay, Zeynep, Buket et Pınar ayant libéré trois places dans leur salon. Elles nous préparent une petite fête qui
nous permettra de revoir tous les gens que nous avons rencontré pendant ces presque six semaines ici. Mais nous, nous pensons déjà à demain, à l'instant d'allégresse qui nous envahira quand nous
enfourcherons nos montures et prendrons enfin la route vers la Capaddoce. Certes, ça ne va pas être évident de partir, de quitter cette ville qui fut un peu la nôtre et surtout de dire adieu à
ses habitants merveilleux, mais la perspective du nouveau départ, de nouveaux paysages, de nouvelles cultures, et, bientôt, d'un nouveau pays, nous attire plus que tout.
Alors, on oublie l'hiver, on oublie le froid, on oublie la nuit qui tombe si tôt, et inch'Allah !
Ce qu'on nous en dit